2. Juli 2020

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A Tale of African Cinema [Le dit du cinéma africain]

von Amadou Hampâté Bâ (1900-1991)
aus dem Französischen ins Englische übersetzt von Beti Ellerson

In Anlehnung an die Griot-Tradition verfasste Amadou Hampâté Bâ 1967 in A Tale of African Cinema [Le dit du cinéma africain] eine Erzählung zur Begegnung mit dem Bewegtbild im frühen Kino. Der versierte Geschichtenerzähler hält darin die erste Filmsichtungserfahrung seiner Mutter Kadidja Pâté sowie die erste Filmvorführung in Bandiagara, Mali, fest, an dem Ort, an dem er aufgewachsen war und zu dessen Zeitpunkt er 8 Jahre alt war.

1908 ordnete der lokale Kolonialgouverneur eine Filmvorführung für die religiösen Führungskräfte Bandiagaras an, welche der Veranstaltung aufgrund der kollektiven Haltung zum Kino als einem »teuflischen Geist, der es veranlasst, die wahren Gläubigen zu täuschen«, mit Skepsis folgten und deren Sabotage sie ermöglichten. Kadidja Pâté teilte diese kollektive Rezeption von Kino; sie ließ sich auf ihre erste Filmsichtungserfahrung 1934 – die nach wie vor von den Marabouts Bandiagaras untersagt war – allein ihres Sohnes und dessen Frau zuliebe ein.

In Bâ’s Ausführungen erstaunt Pâté’s Rezeption des frühen Kinos als Wundermaschine, die es ermöglicht, den kollektiven Glauben von Kino als dem kolonialen Böse zu akzeptieren und gleichzeitig ihre Seherfahrung des Erlebten kritisch und als einen vielschichtigen Möglichkeitsraum zu reflektieren.

Amadou Hampâté Bâ’s Erzählung ermöglicht ein Einfühlen in die Rezeption des frühen Bewegtbilds, gibt Einblick in die Machtverteilung zwischen Kolonialmacht und Kolonisierten und macht den afrikanischen Raum nicht nur in seiner Darstellung sichtbar, sondern auch in seiner Rezeption, was ein Überdenken von Filmkritik veranlasst.

EN

Textauszug aus A Tale of Cinema von Amadou Hampâté Bâ

»When we entered the cinema, before the film you showed me a large white cloth on which a beam of light was projected, which would then become images that we could look at and recognize. You also showed a small enclosure situated rather high above us. You told me that it was in this box that the machine that spat images was located.
In this box there are several openings through which light shines; ending on the large white cloth. As soon as the operator – whom we do not see – begins his work, some noise comes out of the enclosure.
It passes over our head while we are thrust into a deep darkness – a metaphor of our ignorance of the unknown. The light came from the small enclosure in measured portions, in thin lines, rather than all at once.
We were facing the large white cloth. It was only when looking at it that we could clearly see, make out and understand the images that unfolded in front of us. We could see horses run, men walk, and villages emerge. We saw the thick vegetation in the rural area, the blooming countryside, the plain sharply fall away. All of this as if in a long dream, clear and precise, as if dreaming in a waken state.
After having watched the large white cloth for a long time, I wanted, in its absence, to perceive with my eyes alone the images that came from the little house. What happened to me? As soon as I turned directly towards the opening in the little house, the beam of light that came out blinded me. Although the images were in the rays, my eyes were not strong enough to detect it. I closed my eyes in order to concentrate, but my ears continued to clearly discern the sound that accompanied the streams of light.
I found myself in the following situation: First, when I watch the big white cloth, I see the images and hear the sound. I benefit from both the image and sound. But, on the other hand, when I only use my eyes, looking directly at the projector, I only hear the sound. I am not able to stand the powerful light, it blinds me. At the same time that there is some good in it, there are also disadvantages.
This deduction leads me to the conclusion that as long as the cloth is essential to clearly see the images and discern the origin of the sound, a mediator is needed between God and us, to understand the divine message.«

in: Amadou Hampâté Bâ, Le dit du cinéma africain, 1967
englische Übersetzung in: Beti Ellerson, Reflections on Cinema Criticism and African Women, in: Feminist Africa, African Feminist Engagements with Film, Issue 16, 2012, S. 38-39.

FR

Textauszug aus Le dit du cinéma africain von Amadou Hampâté Bâ

» Lorsque nous sommes entrés au cinéma, avant la projection, tu m’as montré une grande toile blanche sur laquelle devaient venir se projeter des faisceaux de lumière qui deviendraient des images que nous pourrions alors regarder et distinguer. Tu m’as également montré une maisonnette située assez haut par rapport à nous. Tu m’as dit que c’était dans cette petite pièce qu’était installée la machine qui crache les images.
» Cette maisonnette est percée de quelques ouvertures par lesquelles jaillissent des jets de lumière qui s’arrêtent sur le grand pagne blanc.
» Dès que l’opérateur que nous ne voyions pas commença son travail, des rayons lumineux accompagnés de quelque bruit s’échappèrent de la maisonnette. Ils passaient par-dessus notre tête, alors que nous étions plongés dans l’obscurité profonde, allégorie de notre ignorance. La lumière sortait de la maisonnette, non pas dans sa totalité, mais par minces filets, c’est-à-dire par portions mesurées.
» Nous faisions face au grand pagne blanc. C’est seulement en le regardant que nous pouvions nettement voir, distinguer et comprendre les images qui se déroulaient. On pouvait voir des chevaux courir, des hommes marcher, des villages se profiler. On voyait la brousse épaisse, la campagne fleurie, la plaine qui dévale. Tout cela comme dans un long rêve, clair et précis, un rêve fait en état de veille.
» Après avoir longtemps contemplé le grand pagne, je voulus, sans lui, percevoir directement et rien que par mes yeux les images qui, sûrement, sortaient de la maisonnette. Alors, que m’arriva-t-il ? Dès que je me tournai directement vers les ouvertures de la maisonnette, les faisceaux lumineux qui s’en échappaient m’aveuglèrent. Bien que les images fussent virtuellement dans les rayons, mes yeux n’étaient pas assez puissants et efficaces pour les y déceler. Je fermai alors les yeux, comme pour me concentrer intérieurement ; mes oreilles continuaient à percevoir nettement les sons qui accompagnaient les jets lumineux.
» Je me suis trouvée dans la situation suivante :
» Primo, quand je me sers du grand pagne blanc, je vois les images et j’entends les sons. J’ai un double bénéfice.
» Mais, secundo, quand je me sers directement de mes yeux, je n’entends que des sons ; je supporte mal la lumière, elle m’aveugle. D’où à la fois un bénéfice et un inconvénient.
» Cette conjoncture m’amène à conclure qu’autant le grand pagne est indispensable pour la vision nette des images et le discernement de l’origine des sons, autant un intermédiaire est nécessaire entre nous et Dieu, pour comprendre le message divin.
» Ici finit la narration de ma mère.

in: Amadou Hampâté Bâ, Le dit du cinéma africain, 1967, S. 15-16.